Un compagnon dans nos murs

A 15 ans, Guy est le plus grand de sa classe.

Membre du groupe « Les Compagnons de la chanson » dont le dernier récital a eu lieu en mars 1985, Guy BOURGUIGNON a été élève à Bossuet de 1934 à 1937. Personnage aux multiples talents resté discret malgré la célébrité obtenue au sein du groupe, il était très attaché à ses origines corrézienne et périgourdine. Il s’est éteint prématurément en 1969 à l’âge de 49 ans. Cet article lui est consacré et dédié afin que son souvenir perdure dans la mémoire de notre établissement et que sa belle voix de basse demeure harmonieusement associée à « La chanson de nos pierres ».

 

Né à Tulle le 27 juillet 1920, au 2ème étage du 53 de l’avenue Victor Hugo, Guy BOURGUIGNON possédait de solides attaches en Périgord. Son père, banquier itinérant, fut directeur d’une agence du Crédit Lyonnais à Périgueux. Sa grand-mère maternelle y vendait de la porcelaine rue des Chaînes. Il possédait aussi une maison de famille à Coulaures (près d’Excideuil), où il se rendait chaque fois qu’il le pouvait. Là, il se livrait à deux de ses passions : la pétanque et la pêche, activités qui l’apaisaient entre deux spectacles…

 

Doué pour la scène et le spectacle

 

Attiré par le théâtre, il produisit un temps des spectacles de marionnettes. Puis il passa vingt- trois ans sur le devant de la scène au sein des mythiques « Compagnons de la Chanson », dont il fut à l’origine de la création en 1946, avec Marc HERRAND et Jean-Louis JAUBERT. Il avait lié connaissance avec ce dernier au sein de « Jeunesse et Montagne », un des nombreux chantiers de jeunesse créés durant la dernière guerre. Reconnu pour ses compétences scéniques, il prendra très vite en charge tous les aspects de la mise en scène du groupe dont il était la troisième basse. Également cameraman de talent et décorateur, ce fils de banquier aurait pu faire carrière dans le cinéma et y réaliser des films, mais ce sera au sein des Compagnons qu’il trouvera sa voie.

Piaf jalousait sa culture

 

Perfectionniste, d’un caractère entier et ombrageux, il se montrait parfois irascible. La comédienne Odette LAURE, qui a partagé son existence quelques années à partir de l’été 1952 a dressé de lui un portrait plus flatteur : « Il avait toutes les armes de la séduction : l’intelligence, la taille, l’œil de velours, la culture… », une culture que la grande PIAF lui jalousait. Les témoignages de ses amis évoquent sa grande taille, ses airs de Don Juan et ses canines en avant qui lui avaient valu le surnom de « Dents de lapin ». Distrait, brillant, parfois gaffeur, il savait parler comme personne la langue de Shakespeare mais, paraît-il, avec un accent épouvantable… On ne peut achever son portrait sans évoquer ses talents de musicien : excellent à la batterie, au tambour, au violoncelle et même virtuose des castagnettes !

 

Guy BOURGUIGNON est mort à l’âge de 49 ans, le 29 décembre 1969, réduisant à huit le nombre des « Compagnons de la chanson » qui vécurent là la première disparition d’un des leurs mais aussi leur première grande épreuve après vingt-cinq ans de scène. Sa voix basse de choriste accompli a, de l’avis de nombreux observateurs, indiscutablement manqué à ses partenaires. Il repose à Tourrettes-sur-Loup (Alpes-Maritimes).

 

Pierre-Jean LESCURE (1977)

 

Sources : Louis PÉTRIAC, Decal’Age Productions - Wikipedia - Le Figaro - Centre-France.

Paru récemment : Guy BOURGUIGNON, le compagnon de la chanson périgourdin de Louis PÉTRIAC, Roland Giraud

Editeur : Decal’Age Editions

www.decal-age-productions.com

 

Crédit photo :  Ecole Bossuet

                      1977 Columbia/Jean MAIMBOURG

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