Souvenirs, souvenirs...
 
Souvenirs et anecdotes de vos années à Bossuet, Jeanne-d'Arc, Notre-Dame ou Edmond Michelet trouveront leur place ici. N'hésitez pas à nous adresser vos textes !
 
(par courrier à Association des Anciens de l'Ensemble scolaire Edmond Michelet - École Bossuet  11, rue Bossuet   B.P. 559   19107 BRIVE Cedex
 
 ou par mail : asso.anciensedmichelet@gmail.com)
 
 
 
 

                Message d'une jeune Ancienne ..................................................................................

 

 

Bien sûr, une certaine nostalgie me gagne de temps en temps ; différents souvenirs de mes camarades, de nos bons moments passés dans le lycée Bossuet me reviennent en mémoire… et il y en a plus que je ne le pensais… Quels sont mes sentiments de « jeune ancienne » de l’Ensemble scolaire Edmond Michelet ? Eh bien, l’Ecole est pour moi le lieu d’échange extraordinaire, de souvenirs innombrables, de belles rencontres. Je remercie du fond du cœur mes professeurs, la communauté éducative… pour tout ce qu’ils m’ont apporté : confiance en moi et fidélité en amitié… J’en viens au Prix des anciens élèves… Si j’ai pu « rayonner » c’est parce que cette école m’en a donné les possibilités… Des professeurs prenant de leur temps pour nous, comme par exemple le Club des droits humains, la chorale, la pastorale avec les grands rassemblements de jeunes, l’animation dans un groupe de M.E.J (Mouvement eucharistique des jeunes)... J’encourage tous les lycéens à prendre part à la vie de leur lycée, car c’est leur vie qu’ils préparent en s’engageant dans divers domaines ou associations… Devant vous, l’assemblée générale des anciens, je dirai simplement à propos de l’association, qu’elle continue ce qu’elle fait déjà… Continuer de manifester son attachement à l’Ecole, attachement à une époque, à un esprit… ce que je suis prête à faire, moi aussi, à votre suite… 

 

Camille de Rességuier (2009)  

 
 
                 Lettre d'un doyen ......................................................................................................
 
 
Vous avez l’aimable attention de me mettre en cause à propos de l’éminente assemblée des Anciens Élèves ; je vous en remercie de tout cœur.
1939-1941, autrement dit, les deux premières années de la guerre ont vu ma scolarité à Bossuet. Qu’on me pardonne de le dire, mais pour connaître mon âge, il suffit, comme tout le monde, de connaître l’âge de la reine d’Angleterre ; j’ai seulement deux jours de différence avec sa Majesté.
 
Parmi les professeurs que j’ai connus, je retiens les noms de M. BOURZEIX et de M. LAPOUGE : j’ai un souvenir bien précis et reconnaissant envers ces deux prêtres dévoués et compétents, même si l’éloignement d’avec mes parents à cause de la guerre ne me rendait pas l’élève studieux que j’aurais dû être. M. BOURZEIX était ancien combattant de la guerre de 14 ; le désastre de 1940 l’a beaucoup affecté. M. LAPOUGE probablement avait dû être mobilisé en 39-40.
 
L’instruction religieuse avait la première place dans l’enseignement. En 39-40, nous avions en main le manuel d’instruction religieuse de Mgr CHRISTIANI. Chaque chapitre commençait par une gravure représentant un portrait de Notre Seigneur. Les passages les plus importants étaient imprimés en caractères gras. C’est ainsi que j’ai retenu le chapitre sixième de l’évangile selon Saint Jean, annonce de l’institution de l’eucharistie. M. LAPOUGE ne disposait pas d’un manuel aussi attrayant, mais ma mémoire (qui compense l’absence d’acuité visuelle) me laisse profiter à de très longues années de distance, de l’enseignement reçu.
 
Dans la classe, un peu plus en 39-40 qu’en 40-41, il y avait une certaine proportion de réfugiés, comme moi-même. Je me souviens de presque tous les noms de mes compagnons de classe. Ici, j’en nomme seulement deux, dont probablement plus personne ne se souvient à Bossuet, car ils sont morts pour la France. Robert CORDONNIER était neveu du Docteur SURUN, qui d’ailleurs avait un ou deux fils à Bossuet. Cette famille habitait rue Armand Carrel. Robert était en classe à côté de moi. Il était bien élevé, bon élève. Il a été tué en 1956 sur ce qu’à la génération précédente on appelait les confins algéro-marocains. En 40-41, mon voisin était tout à fait différent : DESSAUT. Ce garçon manquait d’éducation, et était plutôt paresseux. La guerre l’a atteint à la fin 1944, il fut tué probablement à proximité de la Belgique. Peut-être s’était-il engagé. Son père, sauf erreur, était directeur de la Société Générale, à côté de l’église Saint-Sernin.
 
Je vais remercier, par un autre courrier, notre ami commun, mon ancien camarade également, qui nous a mis en rapport. Et pour vous-même, cher Monsieur, soyez assuré de mes sentiments religieux et amicaux.
Geoffroy KEMLIN
              
                Interne à Bossuet 1966-1973  ....................................................................................
 
Faire une rentrée en sixième comme « pensionnaire » à Bossuet en 1966 fut une rupture physique et affective qui se transforma au fil des années de scolarité en résistance et souplesse précieuses pour la vie d’adulte. Les contextes sociétal et scolaire ont considérablement évolué, les parallèles avec un parcours similaire aujourd’hui seraient sans aucun doute très intéressants… Quitter la ferme et la vie familiale à 11 ans après avoir fréquenté l’école communale, à 300 mètres du domicile, pour « habiter » dans les murs de l’École Bossuet dans la ville de Brive, où je me rendais pour la première fois de ma vie, relevait du cauchemar devenu réalité. La perspective d’un retour au domicile familial un week-end sur deux, puis une fois par semaine trois ans après, la brutalité ressentie d’une discipline « à la cloche » et au « sifflet » assortie d’heures « d’arrêt » pour un bavardage interdit, ou de « colle » pour une récidive ou une mauvaise note, voire pour un motif « collectif » lorsqu’en étude, au réfectoire, à la chapelle ou au dortoir l’auteur non identifié d’une facétie ne se dénonçait pas… Une réussite scolaire promise dans une école de renommée était-elle à ce prix ?
 
Et puis au fil du temps, derrière cette rudesse, apparut la chaleur des solidarités de pensionnaires : la sortie au stadium pour supporter le CAB un dimanche sur deux, la retraite de communion (une semaine de silence à Saint-Antoine), les soutiens réciproques pour compenser talents et faiblesses selon les matières, les tournois de football ou de « rugby touché » à chaque récréation, les compétitions scolaires et les voyages en bus, les interdits bravés au dortoir (pour faire un repas à minuit avec la complicité du « pion »), en étude (pour lire Midi Olympique), dans les couloirs (pour une bise à une fille de la classe - mixité à partir de la seconde -), en mini fugue (quelques minutes au bistrot « Le Bergerac » en haut de la rue Bossuet, qui, découverte, pouvait valoir l’exclusion de l’école)… L’obtention du baccalauréat sept ans après entraîna une joie mémorable : pour la délivrance de l’angoisse de l’examen redouté beaucoup, pour l’impression d’une liberté retrouvée surtout…
 
C’est tout au long de la vie d’adulte que les enseignements et expériences acquis durant ces années de pensionnat se sont révélés ô combien précieux ! Dans la vie professionnelle au sein d’une entreprise, quelles que soient les fonctions occupées mais particulièrement dans l’exercice du management ; dans la responsabilité familiale, dans la vie sociale et la citoyenneté.
 
Les conditions de scolarité ne sont plus tout à fait les mêmes, les règles de vie en collectivité ont évolué, smartphone ou Ipad ont remplacé la cabine téléphonique…
 
Pour autant le « vivre ensemble », le rapport à l’autorité, la construction personnelle, l’acceptation des différences et la tolérance, sont toujours d’actualité et l’apprentissage des savoirs et savoir-être reste indispensable.
 
L’internat représente-t-il toujours cette opportunité d’école de vie en 2013 ?
 
 
 
Jean-Pierre REYROLLE (1973)

© 2015 P.-J. Lescure / Association des Anciens de l'Ensemble Scolaire Edmond Michelet     l        Webmestre      l          Mentions légales