Pourquoi l'ensemble scolaire s'appelle Edmond Michelet ? 

 

 

C’est peut être le plus célèbre des brivistes du XXème siècle, en tous cas un homme qui a marqué la cité et aussi l’Eglise et la république. Il a fait partie de l’équipe de parents qui a créé Bossuet aux portes ouest de Brive en 1933, qui a été un parent d’élèves très présent à Notre-Dame. Il connaissait aussi bien Jeanne d’Arc et les sœurs de Nevers. Yvonne l’épouse de son fils aîné Jean a été un cadre important de nos établissements. Enfin nos établissements l’ont aidé tout au long de son action de résistant en cachant des réfugiés qui fuyaient le nazisme.

C’est aussi un chrétien engagé, abordant voire anticipant les grandes questions de son temps, qui a organisé à Brive des associations de jeunes, accueil de réfugiés, et bien sûr résistants. Il a aussi assuré d’éminentes fonctions de ministre de la République dans des actions essentielles touchant l’éducation, la justice , la culture, des actions où la personne est toujours au centre.

C’est enfin l’homme de cette double fidélité à l’Eglise et à l’Etat . Il est ainsi le symbole de l’enseignement catholique français dont les établissements sont fondés par l’église (diocésaine ou congréganiste) et associés à l’Etat dont il est un partenaire loyal. Edmond Michelet au nom de cette double fidélité n’a jamais ménagé sa peine pour promouvoir dans le respect des personnes sa foi chrétienne et jusqu’à son dernier souffle (il est mort alors qu’il était ministre d’Etat). Il a servi avec dynamisme et loyauté la République. C’est pour nous un exemple et une invitation au dynamisme, à la loyauté à la fidélité.

 

François David, Chef d’Etablissement.

 

Le colloque des Bernardins :

"Edmond Michelet. Un chrétien dans la vie politique"

10 et 11 décembre 2010 

Situé à Paris, près du boulevard Saint-Germain, le Collège des Bernardins, fondé par l’abbé de Clairvaux au XIIIème siècle, confisqué par les révolutionnaires en 1790, transformé en caserne de pompiers, a été rénové par l’archevêché de Paris au début des années 2000. C’est dans ce cadre exceptionnel que le pape Benoît XVI s’est exprimé le 12 septembre 2008. Cet édifice remarquable est aujourd’hui un lieu de rencontres culturelles et éducatives. C’est là que la commission chargée du dossier historique sur E. Michelet a choisi d’organiser le colloque « Edmond Michelet, un chrétien en politique » destiné à permettre à des historiens et à des témoins des périodes concernées de faire entendre leur voix sur des thèmes reprenant les grandes étapes de la vie « publique » d’E. Michelet, à l’exception de son rôle de résistant et sa déportation à Dachau qui ont déjà fait l’objet de nombreuses communications. 

La présentation de documents inédits, un éclairage nouveau sur des étapes mal connues de notre histoire et le rôle particulier qu’il a tenu au service de la France ont été autant de découvertes pour le public réuni dans le grand amphithéâtre. Plus d’une vingtaine d’interventions notamment d’historiens provenant de 13 universités, une introduction de Gérard Larcher, président du Sénat, la conférence de Jacques Barrot membre du Conseil Constitutionnel et la conclusion de Mgr Charrier ont encadré les exposés et les témoignages, Jean Charbonnel en était un des animateurs. Un colloque impossible à résumer sans trahir la richesse des thèmes abordés (1) : Edmond Michelet qui se forme au sein des Equipes Sociales dans les années 30, Edmond Michelet après la guerre, réconciliateur comme responsable de l’association France Algérie dont il est le fondateur, réconciliateur entre la France et l’Allemagne, réconciliateur entre la Vème République et la monarchie - entre de Gaulle et le comte de Paris -, Edmond Michelet médiateur du concile Vatican II auprès du gouvernement français. Enfin Edmond Michelet Ministre : ministre des Armées observateur prémonitoire des deux Viêt-Nam et le sénateur en mission en Chine en 1955. Edmond Michelet Garde des Sceaux et le drame d’Algérie : Jacques Barrot, jeune officier, témoigne de l’intervention personnelle du ministre pour faire cesser la torture dans le secteur où il opère.

 

Un colloque porté aussi par la prière, la messe présidée par Mgr Charrier à Saint Louis en l’Ile, des images inédites : le camp de Dachau, libéré depuis 3 semaines par les Américains, Edmond Michelet responsable des Français du camp a décidé qu’il partirait le dernier et répond à une interview filmée, de plusieurs minutes, au cours desquelles il témoigne de ce qu’il a vécu ; la force de l’image, un regard à la fois doux et déterminé, des paroles de Foi, un document retrouvé aux Etats-Unis.

 

Monseigneur Charrier conclut ainsi ces deux journées (2) : « un riche moment d’une histoire qui s’éloigne à grands pas, une personnalité et une expérience humaine, celles d’Edmond Michelet qui ne laissent personne indifférent, pas même ceux qui font métier d’objectivité et de recul : les historiens. Ce colloque aura montré les richesses de cette personnalité attachante, la qualité de ses engagements, la force de ses convictions chrétiennes, un homme qui selon la formule de Max Weber a mis ses doigts dans la roue de l’histoire. Il a été confronté à des situations périlleuses et dramatiques, être chrétien en politique une équation difficile. Nous sommes à l’heure des discernements… Je suis de ceux qui espèrent que l’Eglise reconnaîtra sa sainteté mais cette décision relève de sa plus haute instance. L’expérience humaine, le chemin spirituel et les engagements d’Edmond Michelet continuent de nous étonner, de nous stimuler, de nous réveiller… Il a contribué à réhabiliter la politique et à faire que l’éthique appartienne au champ de la politique. »

François PATIER (1967)

 

(1) Les actes de ce colloque paraîtront, dès cette année, aux éditions des Bernardins.

(2) Extraits de l’intervention de Mgr Charrier 

 

 

 

 

 

 

Edmond Michelet, une cause de béatification

par Jacques Labrousse, président de l’ICC, ancien président des Anciens de Bossuet.

 

 

Dès la mort d’Edmond Michelet en 1970, des voix se sont élevées pour demander sa béatification et de nombreuses lettres sont parvenues à l’Evêché de Tulle dans ce sens. Mais le Code de Droit Canonique demande un délai de 10 ans entre la date de la mort et l’ouverture d’un procès en béatification.

 

En 1980, Mgr Brunon (alors Evêque) a demandé à l’Abbé Puyjalon, canoniste du Diocèse et Curé d’Argentat, une étude préliminaire. Monsieur Puyjalon a effectué ce travail avec avis favorable mais il est mort quelque temps après. Mgr Brunon ayant démissionné, ses successeurs, Nos Seigneurs Froment et Le Gal ont voulu reprendre le dossier ; mais il a traîné.

 

En 2004 Mgr Charrier a pris les choses en main, saisi par des demandes d’ouverture d’un procès ; il a alors décidé de créer une association qui deviendrait « actor » et a chargé Jacques Labrousse, l’un des Canonistes du Diocèse de suivre l’affaire.

 

L’Institut Catholique Culturel Corrézien (ICCC) a été créé sous forme d’association loi 1901 (Sous-Préfecture de Brive), l’ICCC s’est déclaré « actor », avec l’accord de l’Evêque et la procédure prévue par la constitution apostolique du 23 janvier 1983 « DIVINUS PERFECTIONIS MAGISTER » a été appliquée, c'est-à-dire : nomination par Jacques Labrousse au nom d’ICCC, Actor, de la Postulatrice, Mlle Lucienne Sallé qui a accepté ce poste. Mgr l’Evêque a approuvé ce choix.

 

Lucienne Sallé a déposé une supplique indiquant les raisons qui militent pour cette béatification. L’Evêque a accepté la supplique et a consulté les Evêques voisins ou pouvant être intéressés par la cause. Les Avis étant favorables, le Nihil Obstat a été demandé à Rome. Le Nihil Obstat obtenu, le tribunal, et la Commission Historique ont été constitués, ainsi qu’une Commission Médicale, chargée d’étudier les éventuels miracles. Pour l’instant, ces différents groupes travaillent.

 

Plusieurs anciens élèves de l’Ecole Bossuet et de Notre-Dame / Jeanne d’Arc font partie d’ICCC, en particulier, Josiane Viry qui est Vice-présidente, Nathalie Bourret-Bourrilon qui en est la Secrétaire, Jacques Goutines et d’autres.

 

Comment des Anciens Elèves peuvent s’intéresser à cette cause de béatification ? D’abord sur le plan spirituel en priant Edmond Michelet et si par son intercession ils obtiennent des grâces les faire connaître à la postulatrice Mademoiselle Lucienne Sallé, Maison Saint-Joseph, Place Sophie Maillard 19 100 Brive ; enfin sur le plan matériel en faisant une offrande à adresser à : l’Association Diocésaine de Tulle, Evêché de Tulle – 19, avenue de la Bastille 19 000 Tulle, en précisant bien « pour la cause d’Edmond Michelet ». Enfin pour terminer, je conseille vivement à nos amis de lire ou relire l’un des ouvrages essentiels écrits par Edmond Michelet : « Rue de la Liberté ».

© 2015 P.-J. Lescure / Association des Anciens de l'Ensemble Scolaire Edmond Michelet     l        Webmestre      l          Mentions légales